Extraction de l’uranium au Canada

Une longue tradition d’extraction de l’uranium au Canada

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Gilbert Labine a été le premier à découvrir des gisements d’uranium au Canada. Source : Temple de la renommée du secteur minier canadien.

En 1930, au moment de la découverte d’uranium sur les rives du Grand lac de l’Ours, dans les Territoires du Nord-Ouest, ce n’était guère qu’un objet de curiosité. Toutefois, par suite de la découverte de la fission en 1938 et de la promesse d’une énergie nucléaire pratique, la demande mondiale d’uranium a monté en flèche. Le Canada est devenu un chef de file mondial de l’extraction de l’uranium.

Au cours des dizaines d’années qui ont suivi, les sociétés minières canadiennes ont perfectionné leurs techniques pour extraire l’uranium de façon plus efficace, tout en protégeant les mineurs et l’environnement. Un organisme de réglementation indépendant, la Commission canadienne de sûreté nucléaire, s’assure que l’extraction de l’uranium se fait en toute sûreté et sécurité et que l’uranium canadien est utilisé à des fins pacifiques au pays et à l’étranger.

Le Canada demeurera un chef de file longtemps encore. Le pays a le privilège de posséder des ressources connues de 485 000 tonnes d’uranium – se classant ainsi au deuxième rang mondial après l’Australie –, alors que l’on poursuit les travaux d’exploration pour trouver de nouveaux gisements.

Comment extrait-on l’uranium?

L’uranium est présent à l’état naturel dans l’écorce terrestre et dans l’eau de mer. Ce métal 500 fois plus abondant que l’or n’existe pas à l’état pur. On le trouve dans des gisements minéraux sous forme d’oxyde d’uranium (U3O8).

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Minerai d’uranium.

La plus grande partie de l’uranium canadien est extrait dans le nord de la Saskatchewan. D’ailleurs, le bassin de l’Athabasca renferme des gisements dont la teneur en uranium compte parmi les plus élevées dans le monde. D’autres sites prometteurs au Nunavut, en Ontario, au Québec et dans les Territoires du Nord-Ouest n’ont pas encore été exploités.

Il existe trois méthodes d’extraction de l’uranium :

1. L’exploitation à ciel ouvert est généralement l’option la plus pratique lorsque le gisement se trouve à une profondeur de moins de 100 m sous la surface – par exemple à la mine McClean Lake, en Saskatchewan. Les mineurs creusent un puits dont les parois sont aménagées en gradins en spirale. La roche est dynamitée, puis acheminée à la surface dans de gros camions transportant jusqu’à 200 tonnes à la fois.

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Mine à ciel ouvert sur le site de McClean Lake. Source : Commission canadienne de sûreté nucléaire.

2. L’exploitation souterraine est plus pratique dans le cas d’un gisement en profondeur. Les mineurs creusent des puits verticaux, après quoi ils percent plusieurs tunnels dans le gisement. Ils dynamitent la roche et la remontent à la surface. On porte une attention particulière à la ventilation des puits pour limiter l’exposition au rayonnement.

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Chevalement principal de la mine McArthur River, qui couvre le treuil au-dessus du puits vertical. Source : Commission canadienne de sûreté nucléaire.

3. La récupération sur place n’est pas utilisée pour extraire l’uranium au Canada. On pompe des liquides sous terre pour ensuite ramener à la surface l’uranium dissous.

L’uranium pour le Canada – et le reste du monde

Les mines canadiennes assurent environ 15 % de la production mondiale d’uranium. C’est beaucoup plus que la quantité dont le Canada a besoin pour exploiter ses centrales nucléaires. Néanmoins, cette production assure que la filière nucléaire peut prendre de l’expansion au Canada et elle réduit la dépendance du pays à l’égard des sources d’énergie étrangères. C’est également pourquoi le Canada est l’un des principaux exportateurs d’uranium à l’échelle mondiale. À mesure que la demande mondiale d’électricité propre ira en augmentant, les exportations d’uranium continueront de stimuler l’économie canadienne.

World uranium production

Sources : 

Association nucléaire canadienne, https://cna.ca/fr/.