Gestion des déchets nucléaires

En quoi consistent les déchets nucléaires?

Les déchets font partie de la filière nucléaire. Mentionnons notamment le minerai qui reste après l’extraction de l’uranium, les pièces de réacteur qu’il faut remplacer à l’occasion ainsi que les vêtements protecteurs et les fournitures de nettoyage des installations nucléaires qui sont mis au rebut. Mais c’est le combustible irradié qui inquiète le plus les gens.

Toutes les industries génèrent des déchets. Ceux de l’industrie nucléaire sont radioactifs – certains beaucoup moins que d’autres.

Fort heureusement, le volume total des déchets de l’industrie nucléaire est beaucoup plus faible que celui de nombreuses autres industries, puisqu’une infime quantité d’uranium permet de produire énormément d’énergie. Quoi qu’il en soit, la réglementation rigoureuse qui régit la gestion de ces déchets assure la protection des travailleurs du nucléaire, de la population et de l’environnement.

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Grappe de combustible : Tout le combustible nucléaire irradié du Canada pourrait tenir dans six patinoires à hauteur de la bande.

Comment le Canada gère-t-il les déchets nucléaires?

Plus les déchets sont radioactifs, plus le niveau de protection doit être élevé. On trouve trois grands types de déchets.

Déchets de faible activité

Dans les installations nucléaires, on utilise des outils de nettoyage (par exemple des vadrouilles) et des vêtements protecteurs, mais ces articles entrent rarement en contact avec les matières radioactives, voire jamais. La plupart de ces outils peuvent être traités comme des déchets ordinaires, mais certains sont placés dans des installations de stockage à long terme pour plus de sûreté.

Déchets de moyenne activité

Certaines pièces de réacteur, par exemple les filtres à eau, sont directement en contact avec les matières radioactives. Après utilisation, on place ces articles dans un conteneur fait d’un matériau qui bloque le rayonnement (par exemple du plomb). Dans le conteneur, le niveau de radioactivité de ces pièces devient presque nul, après quoi on peut les déposer dans des installations de stockage à long terme.

Déchets de haute activité

Lorsque l’on retire le combustible irradié du cœur du réacteur, il est chaud, radioactif et dangereux pour les travailleurs non protégés. Les opérateurs immergent les grappes de combustible irradié dans une piscine remplie d’eau, où elles refroidissent pendant une période de cinq à dix ans. Ils transfèrent ensuite les grappes dans un conteneur sécuritaire à parois épaisses en béton et en acier pour les stocker en toute sûreté sur le site même.

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Piscine de stockage du combustible irradié à la centrale Bruce B. Source : Bruce Power.

Autres types

Les déchets des mines et des usines de concentration, par exemple le minerai inutilisé et les résidus de la concentration, sont également stockés en fonction du niveau de danger que présente leur radioactivité. Toutefois, ils sont généralement très peu radioactifs.

Existe-t-il des solutions permanentes?

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Conception d’un site de stockage proposé.

Les installations canadiennes actuelles servant à stocker les déchets nucléaires de façon sécuritaire dureront des dizaines d’années. Or, il faudra des siècles avant que les déchets de haute activité soient inoffensifs. C’est pourquoi le Canada cherche des moyens permanents de les stocker.

Il s’agit d’enfouir ces déchets à des centaines de mètres de profondeur dans une formation rocheuse sèche à l’abri des tremblements de terre.

Deux propositions ont été présentées en vue de l’aménagement de « dépôts géologiques en profondeur » au Canada. Selon une proposition, un dépôt aménagé sur le site nucléaire de Bruce, à Tiverton, en Ontario, servirait au stockage des déchets de faible ou de moyenne activité. Le dépôt prévu dans l’autre proposition viserait à stocker le combustible nucléaire irradié canadien, mais son emplacement n’a pas encore été déterminé. Cette décision reposera sur les discussions publiques, car les autorités tiennent à s’assurer que les collectivités avoisinantes comprennent l’importance et les implications d’accueillir un site de stockage du combustible irradié et qu’elles l’acceptent de leur plein gré.

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Conception d’un site de stockage proposé.

Qui s’assure que les déchets nucléaires sont inoffensifs au Canada?

Les installations qui manutentionnent des déchets nucléaires doivent détenir un permis délivré par la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN). La CCSN applique une réglementation stricte pour assurer la protection des travailleurs, de la population et de l’environnement. Elle peut suspendre ou révoquer le permis d’une installation qui ne se conforme pas à ses normes élevées.

Les autorités provinciales exercent aussi une surveillance sur les installations nucléaires. Pour sa part, Santé Canada surveille l’exposition au rayonnement des travailleurs. Des normes internationales s’appliquent également dans le domaine.

Ce n’est pas d’hier que le Canada manutentionne des matières nucléaires de façon sécuritaire. En raison de notre excellent dossier dans le domaine, d’autres pays et des organisations internationales demandent nous demandent conseil.

Sources : 

Association nucléaire canadienne, https://cna.ca/fr/.