Demande d’énergie au Canada

Prenez quelques instants pour réfléchir à ce que serait votre vie sans électricité. Vous utilisez l’électricité dans pratiquement tout ce que vous faites. Les appareils d’éclairage, l’eau chaude, le chauffage, les aliments, les ordinateurs, la télévision, l’éclairage des voies publiques, les feux de circulation et tous les gadgets dont vous vous servez chaque jour dépendent de l’électricité. Peut‑être étiez‑vous en Ontario le 14 août 2003. Ce jour‑là, pratiquement toute la province et une grande partie de l’est des États‑Unis ont été privés de courant lors d’une panne qui a touché environ 50 millions de personnes. Heureusement, cette panne s’est produite dans la journée et n’a duré que quelques heures. À terme, malgré quelques inconvénients, tout le monde s’en est bien sorti. En 1977, les habitants de New York n’avaient pas eu autant de chance. Lorsque le courant a manqué par une nuit chaude de juillet, la ville a été rapidement en proie au chaos. Le pillage et les incendies ont fait rage en l’espace de quelques heures et plus de 3 000 personnes ont été arrêtées durant la nuit pour divers crimes. L’électricité est la source de vie de notre société et, privés de courant, nous serions tout simplement incapables de fonctionner. Nous avons la bonne fortune d’avoir accès non seulement à une source d’électricité fiable et abordable, mais également à toutes les ressources nécessaires pour produire cette électricité.

Production d’électricité au Canada en 2012
Source
Pourcentage
Hydraulique
63,3 %
Nucléaire
15,3 %
Charbon
15,0 %
Gaz naturel
4,7 %
Éolien
1,5 %
Solaire, marémoteur or autre
0,04 %

Le Canada est le cinquième producteur d’électricité mondial sur une production d’énergie primaire de 460,139 x 1015 British Thermal Units (BTU).  Les États‑Unis sont le plus grand producteur (69,640 x 1015 BTU), suivis de la Chine (63,229 x 1015 BTU), de la Russie (52,717 x 1015 BTU), et de l’Arabie saoudite (25,508 x 1015 BTU). Au Canada, nous produisons 4 % de l’énergie primaire (19,087 x 1015 BTU), dont la plus grande partie est exportée vers les États‑Unis. Environ 63,3 % de notre électricité provient des barrages hydroélectriques, 19,7 % des combustibles fossiles (charbon et gaz), 15,3 % des centrales nucléaires et moins de 2 % de sources de remplacement. C’est ce qu’on appelle le portefeuille énergétique. Depuis 1980, la consommation d’énergie du Canada a augmenté de 86 % et elle continuera de croître avec la démographie et l’économie. La croissance économique des pays est directement liée à l’accès à une énergie abordable. À mesure que la population canadienne augmente, la demande énergétique s’accroît également.

Le fait de disposer d’un portefeuille énergétique varié comme le nôtre constitue un atout. Certaines sources d’énergie telles que l’énergie nucléaire, les combustibles fossiles, l’énergie hydroélectrique sont bonnes pour la charge de base, tandis que d’autres, comme l’énergie solaire et éolienne ne peuvent être exploitées que de façon intermittente et de ce fait ne peuvent être utilisées en tant qu’énergie de base, mais l’électricité qu’elles produisent peut être stockée et utilisée au cours des heures de demande de pointe, pour compléter la production de base.

Le Canada est un pays riche en ressources naturelles, avec d’immenses gisements de pétrole, de gaz, de charbon, d’uranium et de nombreux cours d’eau qui peuvent encore se prêter à l’aménagement de centrales hydroélectriques. Chacune de ces sources d’énergie a ses avantages et ses inconvénients. Les barrages hydroélectriques exigent souvent l’inondation de vastes régions du territoire. L’utilisation des combustibles fossiles pour le transport et la production d’électricité émet des millions de tonnes de gaz à effet de serre et d’autres substances polluantes dans l’atmosphère; les centrales nucléaires produisent du combustible usé qui est hautement radioactif et qui doit être géré et stocké pendant des centaines d’années. Quant aux sources d’énergie de remplacement actuelles, notamment les technologies solaire, éolienne, marémotrice et la biomasse, elles ne peuvent satisfaire qu’une fraction de nos besoins en électricité. Dès lors, il nous faut nous interroger sur le rôle de chacune de ces technologies dans le portefeuille énergétique, pour mieux répondre aux besoins futurs si nous voulons respirer un air sain et réduire notre contribution au réchauffement planétaire.