George Laurence

George LaurenceGeorge Laurence (1905-1987)

George Craig Laurence est né à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard, le 21 janvier 1905. Il fait ses études à l’Université Dalhousie de Halifax, en Nouvelle-Écosse, puis à l’Université de Cambridge, en Angleterre, où il obtient son doctorat en physique sous la direction de Sir Ernest Rutherford, du laboratoire Cavendish. George Laurence commence ensuite à travailler pour le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) en 1930, où il participe activement à l’amélioration de la mesure du dosage radioactif dans le traitement du cancer et à la promotion de la protection contre la radioexposition. Il contribue à l’élaboration des règlements sur la sécurité radiologique pour l’Amérique du Nord et est le rédacteur du premier bulletin du Comité de normalisation de la Société radiologique d’Amérique du Nord.

Ses travaux d’avant-garde sur les réactions nucléaires en chaîne en 1940, peu après la découverte de la fission nucléaire en janvier 1939, ont été déterminants pour l’histoire de l’énergie nucléaire au Canada. Il est le premier physicien à provoquer la fission au moyen de neutrons dans une très grande quantité d’uranium entouré de carbone et à explorer la possibilité de produire avec ces matières la réaction de fission en chaîne requise pour dégager une quantité importante d’énergie nucléaire. Limité par le manque de fonds, il ne peut obtenir de l’uranium ou du graphite d’une pureté satisfaisante pour poursuivre ses recherches, mais il a jeté les bases et ses travaux ont donné au Canada le dynamisme nécessaire pour établir une collaboration scientifique avec l’éminent groupe de chercheurs européens. Ils forment la Division du Laboratoire de Montréal du Centre national de recherches. George Laurence se joint au groupe de Montréal en 1942 en tant que chercheur principal canadien. C’est son équipe qui crée la maquette d’assemblage sous-critique du réseau multiplicateur du réacteur national de recherche expérimental (NRX) et mesure certaines constantes requises pour concevoir le réacteur.

Cutaway section of the Laurence “pile”, 1941-42
Vue en transparence de la « pile » de Laurence, 1941-1942.

En 1945, le chercheur entre à Chalk River, où il poursuit ses travaux sur la conception de réacteurs nucléaires avec les réacteurs ZEEP, NRX et NRU. En 1946-1947, il occupe le poste de conseiller scientifique auprès de la délégation canadienne à la Commission de l’énergie atomique des Nations Unies à New York. En 1950, quand naît l’idée d’une filière nucléaire proprement canadienne, George Laurence milite en faveur de la conception d’une centrale non surgénératrice répondant aux besoins du pays. Sa ténacité a porté fruit, puisque les travaux aboutissent au réacteur à l’uranium naturel, refroidi et ralenti à l’eau lourde, qui est devenu le premier réacteur nucléaire de puissance canadien.

En 1961, George Laurence quitte Énergie atomique du Canada limitée (EACL, maintenant Laboratoires Nucléaires Canadiens) pour devenir président de la Commission de contrôle de l’énergie atomique, où il est à la tête du Comité consultatif de la sûreté des réacteurs chargé de fournir des avis sur la santé et sur la sûreté relativement aux réacteurs et aux centrales nucléaires.

En 1966, l’Association canadienne des physiciens et physiciennes lui décerne la Médaille pour réalisations exceptionnelles en physique. En 1975, l’Association nucléaire canadienne lui remet la Médaille W.B. Lewis. En 1988, à San Diego, lors de l’assemblée annuelle de l’American Nuclear Society, une plaque spéciale lui est décernée à titre posthume. George Laurence, pionnier de l’énergie nucléaire au Canada, s’éteint à Deep River, en Ontario, le 7 novembre 1987.