Histoire de l’’uranium

Martin Heinrich Klaproth
Martin Heinrich Klaproth.

C’est le chimiste allemand Martin Klaproth qui découvre l’uranium en 1789 en analysant des échantillons de minerai extrait des mines d’or de Joachimsal dans l’actuelle Tchéquie. En dehors de sa valeur pour les chimistes, l’uranium est principalement utilisé tout au long du xixe siècle pour colorer le verre et la céramique. Les composés d’uranium donnent aux vases et aux articles de verrerie une couleur jaune-vert et confèrent une teinte allant de l’orange au rouge vif, que l’on applique sur des articles aussi variés que la vaisselle et les ornements architecturaux.

Becquerel plate
Antoine Henri Becquerel découvre le phénomène de la radioactivité en exposant une plaque photographique à de l’uranium (1896).

La demande de radium entraîne une rapide expansion de l’extraction du minerai d’uranium au début des années 1900. De nouveaux gisements sont découverts aux États-Unis, en Australie, au Portugal, au Congo belge (l’actuelle République démocratique du Congo) et au Canada.C’est seulement en 1896 que l’on découvre les propriétés radioactives de l’uranium. Le physicien français Henri Becquerel n’avait pas pris conscience de toute l’importance de sa découverte, mais l’une de ses étudiantes, Marie Curie, interprète correctement ses résultats et choisit de dénommer ce nouveau phénomène « radioactivité ». En collaboration avec son mari Pierre, Marie Curie découvre en 1898 un autre nouvel élément, le radium. Les Curie durent manipuler des tonnes de minerai d’uranium pour obtenir à peine une fraction d’un gramme du nouvel élément. Considéré comme un remède miracle contre le cancer, le radium se vend à des prix exorbitants, jusqu’à 75 000 $ l’once, avant que le marché ne s’effondre à la fin des années 1930.

Après les premiers travaux des Curie portant sur les matières radioactives, de nombreux scientifiques dans le monde commencent à s’intéresser à l’uranium, essayant de percer le secret de ses atomes. En 1939, la première fission nucléaire confirmée est réalisée par Otto Hahn en Allemagne, mais on est à la veille de la guerre et le secret militaire entoure rapidement les travaux des atomistes. Une équipe dirigée par le physicien italien Enrico Fermi construit alors le premier réacteur nucléaire (connu sous le nom de « pile atomique ») dans le plus grand secret à l’Université de Chicago.

Enrico Fermi
Enrico Fermi (en bas à gauche) et le reste de l’équipe qui a déclenché la première réaction nucléaire en chaîne artificielle (1942).

La pile produit cette première réaction nucléaire contrôlée en 1942. Craignant que l’Allemagne ne soit la première à mettre au point une arme atomique, les États-Unis réunissent une équipe d’éminents chercheurs de plusieurs pays qui s’intéressent à l’énergie atomique. Leurs travaux, connus sous le nom de « Projet Manhattan », sont à l’origine d’une bombe nucléaire sur le site d’essai de Trinity, au Nouveau-Mexique, en juillet 1945. Le monde prend conscience de l’énorme pouvoir de destruction des armes nucléaires un mois plus tard, avec l’anéantissement des villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki.

À la fin de la guerre, l’attention se porte rapidement sur la mise au point d’utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire. L’objectif est atteint en 1951 lorsqu’un réacteur nucléaire expérimental d’un centre de recherche américain à Idaho Falls permet d’allumer quatre ampoules ordinaires. En 1957, la première centrale nucléaire américaine complète entre en activité à Shippingport, en Pennsylvanie. Elle a une puissance maximale de 60 MW, ce qui est fort modeste selon les normes d’aujourd’hui.

Entre-temps, plusieurs autres pays construisaient également des réacteurs. En 1954, le premier réacteur commercial du monde produit de l’énergie à Obninsk, en Russie. Calder Hall, en Grande-Bretagne, mise en service en 1956, est la première centrale nucléaire commerciale à voir le jour. Quant au programme nucléaire français, qui a connu un lent démarrage après la guerre, il produit pour la première fois de l’électricité au moyen d’un réacteur à Marcoule en 1956. Le Canada et la Suède réussissent à leur tour à produire par eux-mêmes de l’électricité d’origine nucléaire respectivement en 1962 et 1964.

L’industrie nucléaire de ces pays a connu une croissance rapide pendant les années 1960 et 1970. L’Italie donne le coup d’envoi à l’exportation des réacteurs nucléaires en passant sa première commande en 1958. La production d’électricité d’origine nucléaire s’étend à de nombreux autres pays, notamment l’ex-Allemagne de l’Ouest, la Suisse, l’Espagne, la Belgique, la Finlande et le Japon. L’Union soviétique a exporté des réacteurs vers des pays d’Europe de l’Est, entre autres l’Allemagne de l’Est, la Tchécoslovaquie, la Bulgarie et la Hongrie. Nombre de ces pays ont acquis leur propre expertise nucléaire, donnant lieu à l’essor de l’industrie nucléaire internationale d’aujourd’hui. Le Congo belge a été la principale source mondiale d’uranium jusqu’au début des années 1950.

Plus tard, pour répondre aux besoins de l’industrie nucléaire en pleine croissance, l’extraction d’uranium s’intensifie aux États-Unis, au Canada, en France, en Australie et en Afrique. En 2009, le Canada était le deuxième plus grand producteur d’uranium provenant des mines (environ 20% de l’offre mondiale), après le Kazakhstan (27%).

Source :

Cameco, http://www.cameco.com/.