Fukushima

Ce qui s’est produit

Fukushima
Carte du Japon.

Le 11 mars 2011, un tsunami de 15 m provoqué par un séisme majeur a frappé la centrale nucléaire Fukushima Daiichi, sur la côte de la région de Tohoku, et coupé ainsi l’alimentation en électricité et les sources froides, déclenchant par le fait même un accident nucléaire. Les réacteurs touchés étaient des réacteurs à eau bouillante des années 1960 construits par GE, Toshiba et Hitachi et appartenant à la Tokyo Electric Power Company, qui en assurait l’exploitation. Les tranches 1 à 4 étaient entrées en exploitation commerciale entre 1971 et 1978.

Sans eau de refroidissement, une surchauffe du cœur des réacteurs 1, 2 et 3 a entraîné leur fusion au cours des trois premiers jours. L’accumulation d’hydrogène attribuable aux températures élevées a causé des explosions dans les étages techniques supérieurs des bâtiments réacteurs des tranches 1 et 3. La tranche 4 n’était pas en exploitation, mais elle a été endommagée par une explosion d’hydrogène résultant d’un reflux de gaz en provenance du réacteur 3. Les quatre réacteurs ont été considérés comme une perte totale. Deux autres n’ont pas été touchés par l’accident.

Il s’agit d’un accident majeur classé au niveau 7 selon l’Échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques en raison des émissions radioactives considérables rejetées dans l’atmosphère au cours des premières journées. Les émissions ont été rejetées principalement au moment des explosions, mais de l’eau contaminée a continué de fuir dans la mer pendant deux mois. Les autres émissions radioactives dans l’atmosphère ont été ramenées à un niveau négligeable avant la fin de 2011. Toutefois, beaucoup de substances radioactives sont demeurées dispersées sur le sol dans la région environnante.

Effets sur la population

Des quantités considérables de substances radioactives ont été rejetées, mais l’évacuation rapide de la zone immédiate a permis d’éviter que tout membre de la population ne subisse une exposition suffisante pour entraîner des problèmes de santé. Environ 160 000 personnes ont été évacuées de leur domicile et c’est seulement en 2012 que certaines d’entre elles ont eu la possibilité d’y retourner sous réserve de certaines restrictions.

On ne s’est jamais attendu à ce que le rayonnement ait des effets mesurables sur la santé de la population. D’ailleurs une estimation du Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR) a confirmé qu’aucun habitant de la préfecture de Fukushima ne serait exposé en raison de l’environnement ou des aliments à plus de 10 mSv au cours de sa vie entière. Comme cette exposition ne représente qu’un dixième du niveau à partir duquel les effets sur la santé deviennent plus probables, aucune augmentation mesurable du taux de cancer n’est prévue. Le gouvernement continue de suivre de près la santé de tous les habitants de Fukushima. Le stress, l’inquiétude et les problèmes sociaux associés à l’évacuation ont été identifiés à plusieurs reprises comme étant les seules causes probables des problèmes de santé.

Effets sur la mer, la pêche et les aliments

L’eau souterraine circule naturellement de la terre vers la mer et il y a lieu de croire qu’elle s’est mêlée à l’eau fortement contaminée du sous-sol des bâtiments de la centrale nucléaire avant s’écouler dans l’océan. On déploie des efforts considérables pour déterminer les trajets empruntés par l’eau souterraine et la gérer afin de réduire le plus possible la contamination. On a aménagé une clôture anti-érosion pour empêcher que les substances contaminées ne se retrouvent dans l’océan. Par ailleurs, en raison de l’effet dilutif des courants océaniques, il est impossible de détecter la radioactivité dans l’eau de mer au-delà du port de la centrale. Des matières radioactives continuent de s’écouler des terres par les cours d’eau jusqu’à l’océan et on peut observer leur présence chez certaines espèces de poissons. Cependant, tous les aliments provenant des zones touchées font l’objet d’une surveillance attentive depuis l’accident et ceux qui dépassent des normes très prudentes sont interdits de vente.

Situation actuelle

On présume que les restes du cœur des réacteurs (matériaux fondus ou débris de combustible) se trouvent dans les bâtiments et sont refroidis de façon stable par la circulation de l’eau. Une grande installation d’épuration des eaux a été construite pour traiter cette eau contaminée par les matériaux du cœur des réacteurs détruits. En outre, on a aménagé de vastes installations de stockage sur le site pour y placer l’eau contaminée afin d’éviter son rejet dans la nature. La gestion du stockage de grandes quantités d’eau dont le niveau de radioactivité varie pose un défi qui a suscité beaucoup d’intérêt dans les médias.

On injecte de l’azote dans les trois réacteurs pour rendre l’atmosphère inerte et empêcher tout risque de nouvelle explosion d’hydrogène. Les piscines de stockage du combustible nucléaire sont refroidies de façon stable et tout indique qu’elles n’ont pas subi de dommages importants. Le retrait du combustible de la piscine de stockage de la tranche 4, qui a débuté en novembre 2013, va bon train.

Les techniciens japonais s’attendent à pouvoir commencer dans une dizaine d’années à retirer les matériaux du cœur fondus dans les tranches 1 à 3. Les quatre réacteurs seront déclassés dans 30 ou 40 ans, ce qui constitue un délai habituel pour toute installation nucléaire.

Mesures prises pour améliorer la sûreté

L’industrie a pris plusieurs mesures pour améliorer la sûreté dans les installations nucléaires en mettant à profit les leçons tirées de l’accident de Fukushima. Par exemple, elle a :

  • acquis ou commandé de l’équipement de sûreté de secours, notamment des groupes électrogènes diesel, des pompes et des véhicules d’intervention d’urgence;
  • renforcé la capacité des installations nucléaires à maintenir la sûreté même en cas de perte d’alimentation en électricité de longue durée; à Fukushima Daiichi, il a été impossible d’utiliser les circuits de refroidissement de secours pour les réacteurs en raison de la perte de toutes les sources d’alimentation;
  • élaboré des stratégies pour atténuer les incidents extérieurs au-delà du domaine de la conception pour les installations nucléaires;
  • renforcé la capacité de surveiller le niveau d’eau et la température dans les piscines de stockage du combustible nucléaire irradié durant une perte d’alimentation en électricité de longue durée;
  • déterminé le personnel requis pour intervenir en cas de catastrophe naturelle majeure touchant plusieurs réacteurs sur un site et mettre en œuvre les stratégies prévues dans le plan d’urgence;
  • examiné les communications et l’équipement utilisé dans une situation d’urgence pour assurer l’alimentation en électricité en cas de catastrophe naturelle majeure.

Sources :

World Nuclear Association, http://www.world-nuclear.org/Features/Fukushima/Situation-at-Fukushima/.
Nuclear Energy Institute, http://www.nei.org/Master-Document-Folder/Backgrounders/Fact-Sheets/Safety-Nuclear-Industry-Responds-to-Fukushima-Acci.