Three Mile Island

Ce qui s’est produit

TMI
Carte de la Pennsylvanie.

Le 28 mars 1979, le réacteur Three-Mile Island‑2 (TMI‑2), près de Harrisburg, en Pennsylvanie, qui fonctionnait alors pratiquement à plein régime, s’est automatiquement mis en arrêt lorsqu’une pompe assurant l’alimentation en eau de refroidissement a cessé de fonctionner. L’élévation de la pression et de la température dans le réacteur a provoqué l’ouverture d’une vanne de décharge. Quand la vanne s’est ouverte comme prévu, l’eau et la vapeur contenues dans le réacteur ont commencé à s’échapper vers un réservoir dans le sous-sol du bâtiment réacteur.

La vanne aurait dû se refermer lorsque la pression est revenue à la normale. Mais elle est restée ouverte pendant plus de deux heures, à l’insu des opérateurs, si bien que l’eau couvrant le cœur du réacteur pour le refroidir s’échappait. C’est ce qui a entraîné la surchauffe du combustible.

Toutefois, les voyants dans la salle de commande de TMI indiquaient aux opérateurs que la vanne de décharge était fermée et qu’une trop grande quantité d’eau était injectée dans la cuve du réacteur. Par conséquent, les opérateurs n’ont pas remplacé l’eau perdue du fait que la vanne était restée ouverte.

À mesure que la pression continuait de baisser, une quantité croissante de caloporteur se transformait en vapeur, ce qui a causé une vibration excessive dans les pompes du circuit caloporteur primaire. En raison de la vibration, les opérateurs ont arrêté les pompes, ne se rendant pas compte qu’il y avait une perte de caloporteur dans le réacteur.

La perte de pression et d’eau a alors provoqué la formation d’une grosse bulle de vapeur dans le haut de la cuve du réacteur, ce qui empêchait encore davantage la circulation de l’eau de refroidissement autour du cœur. Sans caloporteur, la température du cœur a grimpé au-dessus du point de fusion de la gaine et du combustible d’uranium.

Environ la moitié du combustible a fondu avant que le caloporteur recommence à circuler. De plus, l’eau de refroidissement plus froide a abîmé certaines barres de combustible chaudes. Tout le combustible a été endommagé.

Par suite de l’accident de TMI‑2, 700 000 gallons d’eau de refroidissement radioactive ont été déversés dans le sous-sol du bâtiment réacteur et dans les réservoirs d’un bâtiment auxiliaire, qui ont ainsi été contaminés.

En outre, une petite quantité de matières radioactives a été rejetée dans l’atmosphère par la cheminée de ventilation d’un bâtiment auxiliaire pour réduire la pression à l’intérieur du bâtiment réacteur.

Effets sur la santé

L’accident de TMI‑2 n’a causé aucune blessure. De surcroît, au moins une dizaine d’études épidémiologiques menées depuis 1981 n’ont pas révélé d’effets directs sur la santé perceptibles au sein de la population vivant à proximité de la centrale.

En décembre 2003, une cour d’appel fédérale a rejeté les causes regroupées de 2 000 plaignants réclamant des dommages-intérêts aux anciens propriétaires de la centrale pour des problèmes de santé attribuables à l’accident selon leurs allégations. D’après le tribunal, les plaignants n’avaient pas fait la preuve qu’ils avaient reçu une dose de rayonnement assez forte pour pouvoir causer des effets sur la santé.

Les recherches et les études scientifiques menées sur des dizaines d’années n’ont pas montré d’effets négatifs sur la santé de la population vivant à proximité de la centrale.

Les personnes qui avaient subi des pertes financières en raison de l’évacuation préventive suivant l’incident ont rapidement reçu une indemnité, ce qui témoigne de l’efficacité de la protection offerte par l’assurance responsabilité de l’industrie sous le régime de la Price-Anderson Act. De plus, les entreprises ont été indemnisées pour leur perte de revenus de même que l’État et la municipalité pour les dépenses engagées au titre de l’intervention d’urgence.

Situation actuelle

Au terme du nettoyage du réacteur endommagé de TMI‑2, GPU Nuclear a mis cette tranche en état de stockage sous surveillance à long terme en décembre 1993. Puis, en décembre 1999, elle a vendu TMI‑1 à AmerGen Energy Co., coentreprise d’Exelon et de British Energy Co. Par la suite, British Energy a vendu à Exelon sa participation dans TMI‑1. Intégrée à Exelon Generation en 2008, AmerGen Energy Co. a ensuite été dissoute.

En vertu des conditions de vente, GPU demeurait propriétaire de la centrale TMI‑2. Elle a par la suite fusionné avec FirstEnergy, si bien que cette dernière s’est trouvée à assumer la responsabilité financière du déclassement de TMI‑2. La surveillance de TMI‑2, tant à l’intérieur de la centrale que hors site, se poursuivra jusqu’à son déclassement complet. Des rapports sont régulièrement présentés à la Nuclear Regulatory Commission des États-Unis, au commonwealth de la Pennsylvanie et à la population.

Les deux réacteurs seront déclassés conjointement lorsque la centrale TMI‑1 sera mise hors service.

Mesures prises pour améliorer la sûreté

Deux semaines après l’accident de 1979, le président Jimmy Carter a mis sur pied une commission de 12 membres dirigée par le regretté John Kemeny, alors recteur du collège Dartmouth, pour faire enquête sur l’accident et les répercussions éventuelles sur la santé et la sécurité de la population et du personnel de la centrale.

Dans son rapport d’enquête publié en octobre 1979, la commission a recommandé que l’industrie développe elle-même ses normes d’excellence. Elle a également souligné la nécessité de disposer d’établissements accrédités par l’organisme de réglementation pour la formation des opérateurs de centrale nucléaire et les employés chargés d’en superviser directement l’exploitation.

La NRC est rapidement passée à l’action elle aussi, mettant sur pied un groupe pour étudier l’accident. Ce groupe, dirigé par l’avocat Mitchell Rogovin, est arrivé à peu près aux mêmes conclusions que la Commission Kemeny.

Dans les neuf mois suivant l’accident, l’industrie a créé l’Institute of Nuclear Power Operations (INPO), qui a pour mission de promouvoir le plus haut niveau de sûreté et de fiabilité dans l’exploitation des centrales nucléaires.

Pour améliorer la formation, l’INPO a créé en 1985 la National Academy for Nuclear Training, qui examine et accrédite les programmes de formation des exploitants d’installations nucléaires pour tous les postes clés au sein de chaque centrale.

L’INPO a permis de bonifier grandement la gestion et l’exploitation des centrales nucléaires. À preuve, le rendement des centrales s’est constamment amélioré au cours des quelque 35 années écoulées depuis l’accident de TMI.

Aujourd’hui, les 104 réacteurs en exploitation aux États-Unis maintiennent un niveau de sûreté et de fiabilité élevé, comme en témoignent le programme de surveillance des réacteurs de la NRC et les indicateurs de rendement faisant l’objet d’un suivi par l’Association mondiale des exploitants de centrales nucléaires.

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Source :

Nuclear Energy Institute, http://www.nei.org/Master-Document-Folder/Backgrounders/Fact-Sheets/The-Tmi-2-Accident-Its-Impact-Its-Lessons.