Protection de l’environnement

Les répercussions environnementales des activités minières résultent principalement des déchets produits.

Le minerai dans le sol ne renferme qu’une fraction du métal (ou minéral) recherché par les sociétés minières. Le reste du minerai devient, après extraction et transformation, des résidus miniers. C’est une réalité de l’exploitation minière.

Au Canada, les exploitants des mines d’uranium font très attention pour éviter que les déchets ou résidus miniers aient des répercussions néfastes sur l’environnement. Depuis la mine jusqu’aux réacteurs, l’industrie nucléaire a un seul objectif en matière de gestion des déchets – contrôler et limiter le rejet dans l’environnement de substances potentiellement nocives. Bien que les mines d’uranium produisent seulement 2 % des résidus miniers au Canada, elles sont à l’avant‑garde de l’industrie minière en matière de protection de l’environnement contre les résidus miniers potentiellement nocifs.

On peut définir les « résidus miniers » comme étant les matières qui sont issues de l’extraction minière et qui contiennent très peu de minéral recherché, voire aucun. Une fois extrait de la mine, qui peut être souterraine ou à ciel ouvert, le minerai est concentré. Le procédé de concentration, durant lequel le minerai est d’abord broyé puis traité par des méthodes chimiques, permet de séparer le minéral des résidus miniers.

Les mines d’uranium du Canada

Bien que l’objectif soit le même, la méthode utilisée pour la gestion des résidus miniers provenant des activités d’extraction de l’uranium varie d’une mine à l’autre. L’emplacement joue pour beaucoup. La teneur du minerai détermine la quantité de résidus générés à la mine d’uranium. Cette teneur, qui représente la concentration d’uranium dans le minerai, varie d’une mine à l’autre.

Dans les mines d’Elliot Lake, qui ont été exploitées dans le nord de l’Ontario jusque dans les années 1990, il fallait extraire 1 000 kg de minerai pour en tirer 1 ou 2 kg d’uranium. En revanche, les gisements à forte teneur du nord de la Saskatchewan fournissent entre 20 et 300 kg d’uranium pour 1 000 kg de minerai. Par conséquent, pour produire des quantités identiques d’uranium, les mines de la Saskatchewan génèrent beaucoup moins de résidus miniers.

Compte tenu des caractéristiques propres à chaque source de minerai, les mines n’utilisent pas toutes les mêmes produits chimiques dans les opérations de concentration. En outre, la concentration de ces produits varie parfois. C’est pourquoi la composition des résidus miniers est différente d’une mine à l’autre.

De plus, les conditions environnementales particulières à divers sites miniers exigent des méthodes différentes pour la gestion des résidus. On choisit la méthode qui assure la meilleure protection de l’environnement possible selon les caractéristiques de la mine.

La protection de l’environnement

nuclear worker
Travailleuse du nucléaire.

Les résidus des usines de concentration se présentent sous forme de boues solides et liquides. Une fois ces boues évacuées dans une aire de gestion des résidus miniers, les solides précipitent ou se déposent, et l’eau en est éliminée. La composition des résidus solides ainsi obtenus est généralement similaire à celle du minerai extrait du sol au départ. Les résidus solides ne posent donc pas plus de danger que la roche d’origine. Cependant, comme ces résidus sont plus mobiles, leur gestion consiste essentiellement à confiner et immobiliser les matières solides.

À l’installation de gestion des résidus miniers de la mine de Key Lake, dans le nord de la Saskatchewan, on utilise un revêtement d’argile bentonitique, alors que les résidus de l’usine de concentration de la mine de Rabbit Lake ont été placés dans une mine à ciel ouvert qui n’est plus exploitée. Forte de ces expériences, la pratique actuelle consiste à placer les résidus dans des mines à ciel ouvert qui ne sont plus exploitées et à les recouvrir d’eau.

La quantité d’eau produite par les procédés d’extraction et de concentration est trop importante pour qu’on la stocke indéfiniment. À la plupart des mines, cette eau peut être réutilisée en partie dans le procédé de concentration, mais la plus grande partie est rejetée dans l’environnement après l’ajout de certains agents chimiques de nettoyage. Par exemple, l’ajout de chlorure de baryum permet d’enlever le radium par précipitation.

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Site de Rabbit Lake, où les résidus des usines de concentration sont placés dans un puits épuisé rempli d’eau.

L’eau rejetée par les mines et les usines de concentration d’uranium au Canada fait l’objet d’un contrôle, pour s’assurer que les exploitants respectent les limites de concentrations de substances chimiques imposées par les pouvoirs publics, le but étant de réduire le plus possible les répercussions environnementales.

La roche superflue enlevée pour accéder au gisement de minerai très concentré peut être stockée en surface. L’acidité de l’eau s’écoulant de l’aire de stockage est soigneusement neutralisée.

Rôle des organismes de réglementation

Les mines d’uranium du Canada comptent parmi les exploitations industrielles les plus réglementées du monde. Les autorités fédérales et provinciales jouent un rôle important dans l’inspection et l’examen des activités minières afin d’assurer la protection des employés et de l’environnement.