Transport

Modes de transport

Au Canada, on transporte de grandes quantités de matières radioactives depuis les années 1930. Dès le début de cette période, le gouvernement fédéral, la défense et l’industrie avaient déjà une vaste expérience du transport de matières dangereuses, par exemple des munitions, des produits chimiques et des produits pétroliers. Plus de 70 années se sont écoulées et les organisations canadiennes continuent de prendre de l’expérience en matière de transport, de manutention et de stockage de matières radioactives et d’autres matières dangereuses au Canada et à l’échelle internationale.

Certaines mesures contribuent à la saine gestion des matières radioactives et des autres matières dangereuses, par exemple :

  • ingénierie des véhicules et des contenants assurant la sûreté;
  • personnel dûment qualifié et formé au fait de procédures rigoureuses;
  • reddition des comptes et suivi des stocks;
  • organismes de réglementation professionnels indépendants;
  • analyse et examen attentifs des incidents.

Transport sécuritaire

Les installations nucléaires doivent compter sur le transport sécuritaire, efficient et fiable de toute la gamme des matières du cycle du combustible nucléaire. Ce cycle comprend toutes les activités, depuis l’extraction de l’uranium jusqu’à l’expédition du combustible irradié aux usines de retraitement ou aux installations de stockage en passant par la fabrication des grappes de combustible.

Pour des raisons de sécurité, l’industrie nucléaire canadienne rend compte de tout l’uranium depuis le départ de la mine jusqu’à son stockage définitif. Cependant, les mesures nécessaires pour manutentionner l’uranium en toute sécurité varient en fonction de l’étape du cycle du combustible. Par exemple, le minerai d’uranium extrait de la mine et le concentré d’oxyde d’uranium (« yellowcake ») produit dans les usines de concentration ne sont pas solubles dans l’eau et peuvent donc être récupérés facilement en cas de déversement. Jusqu’à ce que le combustible d’uranium soit utilisé dans un réacteur, sa radioactivité n’est pas dangereuse.

Les mêmes principes s’appliquent en grande partie au transport des radio-isotopes destinés à des applications autres que la production d’électricité, par exemple l’irradiation des aliments, l’amélioration des produits agricoles, les jauges industrielles, les essais non destructifs ainsi que le diagnostic et le traitement médicaux.

Types de colis

Pour les colis servant à l’emballage des matières nucléaires, le Canada a adopté les normes de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui reposent sur les caractéristiques des matières nucléaires qu’ils renferment sans égard au mode de transport :

  • Les contenants industriels ordinaires suffisent pour les matières de faible activité, comme le minerai d’uranium et le concentré d’oxyde d’uranium (« yellowcake »).
  • Les colis de type A sont conçus pour résister à des accidents mineurs et servent au transport de matières de moyenne activité, comme les radio-isotopes médicaux ou industriels.
  • Les colis de type B sont des châteaux robustes et très sécuritaires utilisés pour le transport de combustible irradié et de déchets de haute activité. Ils sont munis d’un blindage protégeant contre le rayonnement gamma et neutronique, même en cas d’accident extrême. Ces colis doivent être soumis à des essais rigoureux, par exemple des épreuves de chute libre, des épreuves de perforation, des épreuves thermiques, des épreuves d’immersion et des simulations d’accident d’avion. Ils doivent résister aux essais suivants :
  1. chute d’une hauteur de 9 m (30 pi) sur une surface rigide;
  2. chute d’une hauteur de 1 m (40 po) sur une tige d’acier;
  3. exposition à un brasier d’une température de 800 °C (1 475 °F) pendant 30 min;
  4. immersion sous l’eau pendant 8 h.
  • De petites quantités de matières de haute activité, par exemple le plutonium, sont transportées par avion dans des colis de type C. En cas d’accident, ces colis offrent une protection encore plus grande que ceux de type B. Ils peuvent résister à une chute à partir d’un avion volant à une altitude de croisière.

General Plastics, entreprise de fabrication et d’assurance qualité, a affiché sur sa chaîne YouTube une vidéo montrant plusieurs essais de chute (en anglais seulement).

Colis de transport des matières nucléaires
Type de colis
Activité
Exemples de contenu
Étiquetage
Contenant
Exceptés
Très faible
Aucun
Boîte en carton
Industriels
Faible
Minerai d’uranium ou concentré d’uranium
Emballage seulement
Fût en acier
Type A
Moyenne
Isotopes médicaux ou sources radioactives utilisées en recherche et dans l’industrie
Emballage
et véhicule
Contenant en carton, en contreplaqué ou en métal muni d’un blindage en plomb, ayant subi avec succès une épreuve de chute libre et une épreuve de perforation
Type B
Haute
Combustible irradié ou sources radioactives utilisées dans les appareils de radiothérapie au cobalt
Emballage
et véhicule
Contenant en acier muni d’un blindage en uranium appauvri ou en plomb, ayant subi avec succès une épreuve de chute libre, une épreuve de perforation, une épreuve thermique et une épreuve d’immersion
Type C
Très haute
Plutonium
Emballage, véhicule et indication s’il s’agit de matières fissiles
Même contenant que pour les colis de type B muni de sceaux de sécurité pour empêcher l’altération et sous la supervision de gardes armés

Réglementation du transport

Au Canada, Transports Canada et la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) ont la responsabilité conjointe d’assurer le transport sécuritaire des substances nucléaires. Alors que Transports Canada régit le transport des marchandises dangereuses de toutes catégories, la CCSN est principalement chargée de préserver la santé et la sécurité du public et de protéger l’environnement en fonction des caractéristiques particulières des matières radioactives.

À la lumière des conseils de ces organisations fédérales, le Canada a adopté le Règlement de transport des matières radioactives (prescriptions no TS‑R‑1) de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) comme base pour élaborer sa propre réglementation de l’emballage et du transport des matières radioactives. La plupart des pays industrialisés ont adopté ce règlement.

Le World Nuclear Transport Institute, qui représente les intérêts de l’industrie nucléaire dans de nombreux pays, et l’Association internationale du transport aérien, qui représente les intérêts de plus de 240 lignes aériennes et a son siège social à Montréal, ont également un mandat qui touche le transport des matières nucléaires.

Sources :

World Nuclear Association, Transport of Radioactive Materials, April 2014, http://www.world-nuclear.org/info/Nuclear-Fuel-Cycle/Transport/Transport-of-Radioactive-Materials/
Canadian Nuclear Safety Commission, Regulating the Packaging and Transport of Nuclear Substances in Canada, September 2010, http://www.nuclearsafety.gc.ca/eng/resources/fact-sheets/packaging-and-transport-of-nuclear-substances.cfm