Calcul de l’exposition

Les rayonnements ionisants peuvent prendre la forme de particules alpha ou bêta, de neutrons, de rayons gamma et de rayons x. Chaque type de rayonnement présente des risques différents au moment de l’absorption par un organisme vivant. Au Canada, on utilise le sievert (Sv) pour mesurer l’exposition aux rayonnements ionisants. Le sievert mesure la dose globale absorbée par un organisme vivant, quel que soit le type de rayonnement ionisant. Il correspond à un joule d’énergie, c’est-à-dire la quantité requise pour déplacer une masse d’un kilogramme sur une distance d’un mètre. La population canadienne reçoit annuellement environ 0,0027 sievert ou 2,7 millisieverts (mSv) de rayonnement ionisant de toutes sources, à la fois naturelles et artificielles.

Mais vous vous demandez peut-être si cette quantité est sans danger. La réponse est « oui ». L’exposition à des rayonnements ionisants de 5 Sv sur une courte période se révélerait mortelle pour une partie importante de la population, mais chaque individu reçoit moins de 3 mSv chaque année. Les scientifiques considèrent depuis longtemps que les effets de l’exposition aux rayonnements sont cumulatifs, c’est-à-dire qu’ils s’accumulent au fil du temps. C’est pourquoi les organisations gouvernementales imposent une limite annuelle. La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) établit à 0,001 Sv ou 1 mSv la limite maximum d’exposition de la population générale aux rayonnements ionisants et à 50 mSv la dose admissible pour les travailleurs de l’industrie nucléaire.

nuclear worker
Le taux de cancer ou d’autres maladies n’est pas plus élevé chez les travailleurs du nucléaire que parmi le reste de la population.

Au Canada, les travailleurs de l’industrie nucléaire peuvent recevoir chaque année plus de 10 fois plus de rayonnements ionisants que vous en tant que membre de la population générale. La plupart de ces travailleurs ne reçoivent qu’une petite fraction de la dose limite. En 50 ans de surveillance et d’études portant sur les travailleurs de l’industrie nucléaire, on n’a pas observé de taux plus élevés de cancer ou d’autres maladies dans leurs cohortes que chez les autres membres de la population. Les résultats sont conformes aux hypothèses de départ, puisque les doses reçues sont bien inférieures à celles susceptibles de causer des effets négatifs sur la santé. En fait, il semble que les personnes qui travaillent dans l’industrie nucléaire sont en meilleure santé et ont une plus faible incidence de cancer que la population générale.

Dose de rayonnement et leurs effets
Millisieverts
Effet
10 000
Dose qui entraînerait la mort en quelques semaines
6 000
Dose type mesurée chez les travailleurs de Tchernobyl morts dans un délai d’un mois
5 000
Dose unique qui entraînerait la mort de la moitié des personnes exposées dans un délai d’un mois
1 000
Dose unique non mortelle qui causerait le mal des rayons et des nausées
400
Intensité de rayonnement maximale enregistrée en une heure à la centrale de Fukushima le 14 mars
350
Dose reçue par les habitants de Tchernobyl déplacés
100
Dose la plus faible qui entraînerait une augmentation du risque de cancer
10
Tomographie (« scan ») du corps entier
9
Dose reçue annuellement par le personnel navigant affecté à la liaison aérienne New-York – Tokyo passant par la zone polaire
2,4
Dose reçue annuellement par toute personne en raison du rayonnement naturel
0,1
Dose reçue lors d’une radiographie pulmonaire
0,01
Dose reçue lors d’une radiographie dentaire