Edward Teller

Edward TellerEdward Teller (1908-2003)

Edward Teller, physicien américain d’origine hongroise, considéré comme le père de la bombe à hydrogène américaine.

Né à Budapest (Hongrie), Edward Teller commence ses études supérieures en 1926 en Allemagne, à l’Institut de technologie de Karlsruhe. Séduit par la théorie quantique émergente, il poursuit sa formation à l’université de Munich (1928), puis à celle de Leipzig, où il obtient son diplôme de physique en 1930 et côtoie le physicien Werner Heisenberg — futur artisan de la bombe atomique allemande. De religion juive, Edward Teller fuit l’Allemagne nazie en 1934 et se réfugie au Danemark, où il intègre une équipe de jeunes chercheurs à l’Institut de physique théorique de Copenhague, dirigé par Niels Bohr (prix Nobel de physique en 1922). Il travaille notamment aux côtés du physicien George Gamow (futur auteur de la théorie du big bang), également réfugié politique, qu’il rejoint l’année suivante à l’université George-Washington à Washington (États-Unis), après un court séjour sur le campus universitaire de Londres. Les deux physiciens, secondés par Eugene Wigner — autre futur prix Nobel de physique en 1963 —, se consacrent alors à l’étude de la fission nucléaire de l’uranium-235.

L’idée d’utiliser la quantité d’énergie phénoménale libérée lors de cette réaction nucléaire à des fins militaires germe dans les esprits de tous les physiciens nucléaires et des hommes politiques, d’autant que l’Europe est alors en pleine guerre. Ainsi naît en 1942 le célèbre projet Manhattan, programme destiné à mettre au point l’arme nucléaire américaine, à Los Alamos (Nouveau-Mexique). Naturalisé américain l’année précédente, Edward Teller intègre l’équipe de chercheurs du projet Manhattan, dirigée par Robert Oppenheimer et composée notamment de trois autres prix Nobel de physique : Enrico Fermi, Arthur Compton et Ernest Lawrence.

Parallèlement à la mise au point de la bombe atomique (bombe A) américaine, Edward Teller développe dès 1942 un concept de bombe dite thermonucléaire, encore plus puissante : la bombe à hydrogène (bombe H). Cette bombe, basée sur le principe de la fusion thermonucléaire, est amorcée par une bombe A qui fournit la chaleur nécessaire à la fusion des isotopes lourds d’hydrogène. Mais face aux difficultés rencontrées pour mettre au point la bombe A, la piste la bombe H est écartée, à la grande déception de Teller.

Cependant, après l’essai atomique des Soviétiques en 1949, et contre l’avis de la majorité de la communauté scientifique américaine, et notamment de son directeur Robert Oppenheimer, Edward Teller obtient le soutien du président Truman pour développer sa terrifiante arme de guerre. Un nouveau laboratoire de recherche — indépendant de celui de Los Alamos — est construit à cet effet en 1952 à Livermore : le Radiation Laboratory (aujourd’hui Lawrence Livermore National Laboratory). Il le dirige de 1958 à 1960. La première bombe H expérimentale américaine explose la même année sur l’atoll d’Eniwetok, dans l’océan Pacifique.

Dans les années 1950, période marquée aux États-Unis par le maccarthysme, Edward Teller, ambitieux et profondément anticommuniste, témoigne contre son ancien directeur, Robert Oppenheimer, accusé d’être un espion soviétique. Celui-ci est révoqué en 1954 (il sera réhabilité en 1963), laissant Edward Teller et les partisans d’une défense nationale toujours plus puissante accroître l’arsenal nucléaire des États-Unis. Edward Teller participe ainsi à la mise au point de la bombe H « propre » et de la bombe à neutrons. Dans les années 1970, il soutient également l’option de l’énergie thermonucléaire comme une alternative aux autres sources d’énergie.

Dans les années 1980, Edward Teller est encore l’un des principaux instigateurs de l’Initiative de défense stratégique (IDS) — projet plus connu sous le nom de « guerre des étoiles » (ou Star Wars en anglais) —, sous la présidence de Ronald Reagan. Son projet de bouclier antimissile à rayons laser est abandonné, puis partiellement repris sous l’administration de George Bush. En 2003, il reçoit des mains de George W. Bush la médaille présidentielle de la liberté, la plus haute distinction civile américaine.

Consultant en géopolitique au Hoover Institute à Stanford à partir de 1975, Edward Teller est demeuré jusqu’à sa mort en faveur d’une politique américaine d’armement forte. Il est l’auteur d’une douzaine de livres traitant principalement d’énergie nucléaire et de défense stratégique.

Source :

MSN Encarta.