Hans von Halban

Hans von HalbanHans von Halban (1908-1964)

Hans von Halban était un physicien français d’origine autrichienne.

Hans Halban a fait ses études dans l’Allemagne de Weimar, où son père, Hans von Halban Sr., était professeur de chimie physique. La famille déménagea vers Zurich en 1928. Halban finit alors ses études de doctorat en physique à l’École polytechnique fédérale de Zurich en 1936.

Il alla alors travailler pour un an avec le physicien nucléaire Niels Bohr à l’Institut de physique de l’université de Copenhague. Il y découvrit, avec Otto Robert Frisch, que l’eau lourde absorbait très peu les neutrons.

En 1937, Halban fut invité à rejoindre l’équipe de Jean Frédéric Joliot et Marie Curie au Collège de France à Paris. Cette équipe comprenait aussi Francis Perrin et Lew Kowarski. En 1939, le groupe mesura le nombre de neutrons moyens émis par fission, et établit ainsi la possibilité théorique de réactions nucléaires en chaîne et de production d’énergie nucléaire. En août, le groupe réussissait déjà à montrer que le nombre de fissions dans de l’oxyde d’uranium augmentait par immersion dans l’eau ordinaire.

Pendant ce même été, le gouvernement d’Édouard Daladier réussit à se procurer le stock mondial d’eau lourde en Norvège, et à la transférer par avion en France, pour la confier au groupe du Collège de France.

Avec l’occupation allemande de Paris en mai 1940, Halban et Kowarski quittèrent Paris avec la provision d’eau lourde, un gramme de radium et les documents sur leurs recherches, sur les instructions de Joliot-Curie. Ils s’échappèrent de France vers l’Angleterre, via Clermont-Ferrand et Bordeaux : « Hans von Halban mit sa femme et sa fille âgée d’un an à l’avant de la voiture, un gramme du radium de Marie Curie dans le coffre, et les bidons d’eau lourde entre les deux pour minimiser le possible danger d’irradiation ».

Ils furent invités par le gouvernement de Churchill à continuer leurs recherches à l’université de Cambridge. En 1942, avec plusieurs « réfugiés scientifiques » britanniques et européens, Halban fut envoyé à Montréal comme chef d’un laboratoire de recherches, partie du Projet Manhattan en formation.

Après la Libération de Paris, en août 1944, Halban revint en visite à Londres et Paris, où il vit Joliot-Curie pour la première fois depuis son départ de France. Bien qu’il eût affirmé à son précédent patron, le général Groves, qu’il n’avait pas divulgué de secrets nucléaires, le chef du Projet Manhattan fit éliminer Halban de son travail à Montréal, pour le remplacer par John Douglas Cockcroft. Halban n’était plus autorisé pour un an, ni à quitter l’Amérique du Nord, ni à y travailler.

Contrairement à ses attentes, Halban ne fut pas réinvité au Collège de France après la guerre. Par contre, il fut invité en Angleterre par Frederick Lindemann (Lord Cherwell) pour diriger un groupe du laboratoire Clarendon à l’université d’Oxford, en liens étroits avec l’Établissement de recherche atomique d’Harwell.

Après huit années productives à Oxford, Halban fut réinvité en France en 1954 par le premier ministre Pierre Mendès-France, pour diriger la construction d’un laboratoire de recherches nucléaires à Orsay, au sud de Paris, à proximité du centre de Saclay du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Il accepta cette nomination en 1955. Ce laboratoire sera le Laboratoire de l’accélérateur linéaire (LAL), dont il prend la direction à la suite de Frédéric Joliot-Curie en 1958.

Il mourut le 28 novembre 1964 de complications à la suite d’une opération cardiaque sans succès, à l’hôpital américain de Paris.

Source :

Wikipédia, Hans von Halban, http://fr.wikipedia.org/wiki/Hans_von_Halban.