Marie Curie

Marie CurieMarie Curie (1867-1934)
Le prix Nobel de physique en 1903

Marie Curi), physicienne française d’origine polonaise, dont le nom reste attaché à la découverte de la radioactivité.

Première femme à obtenir un prix Nobel en 1903, lauréate d’un second prix Nobel (de chimie cette fois) en 1911, première femme à occuper le poste de professeur de physique à la Sorbonne, Marie Curie est une figure emblématique de la science et de la place des femmes dans les sciences.

Née à Varsovie, en Pologne, Maria Sklodowska, future Marie Curie, grandit dans une famille d’enseignants. En 1891, elle déménage à Paris où elle s’inscrit à la Sorbonne. Elle y obtient brillamment sa licence de physique en 1893. L’année suivante, elle obtient sa licence de mathématiques et rencontre Pierre Curie, alors professeur à l’École de physique et de chimie industrielles de Paris, qu’elle épouse un an plus tard. En 1896, elle est reçue première à l’agrégation de physique, puis commence ses travaux de thèse sur les « rayons uraniques » découverts par Henri Becquerel, après la naissance de sa fille Irène en 1897 (sa deuxième fille, Ève, verra le jour en 1904).

Grâce aux techniques piézoélectriques qui résultent du travail de son mari, Marie Curie analyse les rayonnements de la pechblende, minerai riche en uranium. Elle découvre que celui-ci rayonne de manière beaucoup plus intense que l’uranium lui-même et en déduit l’existence d’éléments plus radioactifs. Marie Curie est la première à utiliser le terme « radioactif » pour caractériser les éléments susceptibles d’émettre des rayonnements.

En 1898, avec son mari qui est maintenant étroitement associé à ses travaux, elle annonce la découverte de deux nouveaux éléments : le polonium (qu’elle baptise ainsi en référence à son pays d’origine) et le radium (en collaboration avec le chimiste Gustave Bémont). Pendant les quatre années suivantes, dans un abri de bois des plus rudimentaires, Marie et Pierre Curie doivent traiter plusieurs tonnes de pechblende pour en extraire une fraction de gramme de sel de radium. Marie présente l’ensemble de ces résultats dans sa thèse qui est soutenue le 25 juin 1903. Ces travaux ont un retentissement considérable. Ils sont immédiatement couronnés par le prix Nobel de physique 1903, qu’elle partage avec Pierre Curie et avec Henri Becquerel.

Pierre Curie meurt accidentellement en 1906, écrasé par une voiture à cheval. Marie lui succède au poste de professeur de physique à la Sorbonne (première femme à enseigner dans cet établissement) et poursuit ses recherches sur la radioactivité. Ses travaux se focalisent sur les différentes familles radioactives et sur l’étude des propriétés des radionucléides. Par ailleurs, elle dépense beaucoup d’énergie pour promouvoir l’exploitation du phénomène de la radioactivité dans divers domaines, en particulier dans le domaine thérapeutique (radiothérapie). En dépit de la reconnaissance scientifique internationale qui consacre ses travaux par un prix Nobel de chimie, en 1911, pour la découverte du polonium et du radium (isolé à l’état métallique), l’entrée à l’Académie des sciences lui est refusée.

Mais son combat contre le sectarisme et la maladie ne fait que commencer. En 1914, son vœu de créer un laboratoire de référence dans le domaine de la radioactivité est enfin exaucé, avec la création de l’Institut du radium à Paris (rebaptisé Institut Curie en 1970, après sa fusion avec la Fondation Curie).

Pendant la Première Guerre mondiale, sur le front, elle organise le premier service radiologique mobile (18 automobiles équipées en matériel radiologique, appelées « petites Curies », sillonnent les campagnes).

Après la guerre, elle peut enfin se consacrer à l’enseignement de la radioactivité à l’Institut du radium — enseignement qu’elle dispense notamment à sa fille Irène, qui obtiendra le prix Nobel de chimie en 1935 avec son mari Frédéric Joliot, pour leur découverte de la radioactivité artificielle. Par ailleurs, elle est nommée membre du Comité de physique Solvay et, à partir de 1922, fait partie de la Commission internationale de la coopération intellectuelle (CICI) de la Société des Nations, où elle côtoie notamment Henri Bergson et Albert Einstein. Elle poursuivra ses activités avec une grande énergie jusqu’à ce qu’une anémie résultant d’une trop longue exposition aux rayonnements l’emporte le 4 juillet 1934.

Marie Curie est l’auteur d’un grand nombre d’articles et d’ouvrages, parmi lesquels on peut citer : Recherches sur les substances radioactives, publié en 1904, et le Traité de radioactivité, paru en 1910. Après sa mort, sa seconde fille, Ève, écrit une biographie de sa mère, Madame Curie, publiée en 1938.

En 1995, les cendres de Marie et Pierre Curie sont transférées au Panthéon. Marie Curie est la première femme à recevoir, pour ses mérites, une telle distinction.

Source :

MSN Encarta.